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Lettre 1195·XVII, folios : 37 38
Avançon, Guillaume d', archevêque d'Embrun
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Embrun
Laval
,

Transcription

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Monsieur, jay receu la lettre quil vous a pleu escrire dattée à Moyrenc du XIIe
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d’aoust et pour responce à icelle, je vous diray, monsieur, que jay eu bien grand
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regret que le chemin de monsieur le cardinal Allexandrin ne sest adressé par le
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quartier d’A[p]t pour le désir que j’avoys de [barré : vo] faire la reverence à mesdames
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de Casenove et de Gordes, mais il vousit prendre le chemin de Pertuys,
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et ce par lavis de monsieur de Sct-Gouar que sa majesté luy despecha pour le
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recevoir à lentrée de son estat et laccompaigner iusques à lissue d’icelluy ;
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et à mon retour, iestoys deliberé de satisfaire à ce devoir là, mais monsieur
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de Carpentras et mon cousin de Saincte-Jalle me forcèrent de passer par
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chez eulx, m’allegantz que je voyois plus souvent madame de Gordes que je ne faisois eulx,
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que si je ne la voyois là, je la pourroys bien voyr [barré : la] à Laval et en voz
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aultres maisons, de manière que les remonstrances que je leur peux faire
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n’eurent point de lyeu. Toutesfoys, monsieur, sil eust agy de votre
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service, j’eusse bien delaissé touttes ces remonstrances là pour y satisfaire ;
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ce pendant, j’ay eu ce bon heur davoir veu et conneu monsieur d’At votre
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frère, que j’estime estre ung des plus grandz contentementz que jaye receu
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en ce voyage, pour les vertuz, bonté et preudhomie que Dieu a mises en
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luy et pour voyr notre ordre honnoré dune telle personne. Que pleust
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à Dieu que touttes les nominations qui se font pour le jourdhuy à semblables
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charges que la sienne fussent aussi de personnes de semblable calibre et
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suffisance. Au demeurant, monsieur, je vous veux bien avertir comme
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monsieur le cardinal Allexandrin m’a faict entendre le grand contentement
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que sa Saincteté à eu de tous voz depportementz, mesmement au dernier
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faict d’Orenge, duquoy, il vous remarque pour bon serviteur de Dieu
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et de votre roy ; et je ne doubte point (au langage que je luy en ay
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[v°] ouy tenir) que sa Sainteté avoit moyen de vous faire paroistre la bonne volunté
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quil vous porte, qu’il ne le fit et aussi mondit seigneur le cardinal Allexandrin
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pour les honnestes offres que vous luy fites de laccompagner par tout votre
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gouvernement sil en avoit besoin, chose quil a bien remarquée,
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mesmement quil n’a trouvé telle courtoisie ailleurs où il a passé, hormis
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de monsieur de Joyeuse qui se laissa persuader par monsieur le cardinal
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d’Armaignac et sieur de Sct-Gouar et moy que sa majesté auroit très agreable
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quil l’accompagnast iusques à Montpellier, ce quil a faict, non
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que je ne soys asseuré quil n’eut ceste mesme bonne volunté, mais
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j’entens qu’il y en y avoit qui voulloient mettre en consideration que ouis
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que [mots barrés] monsieur le conte de Tande n’avoit faict ce compliment pour estre occupé ailleurs pour
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les affaires de sa majesté, qu’aussi ne se devoit il mettre en plus grand
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paine. Or parmy ces traictez, il passa quelques jours et luy qui est
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assez prudent et accord commença d’en avoir quelque presumption
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et dentrer en doubte de passer plus oultre, ou bien de passer à la
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desrobée en poste ; mesmes causant le mauvais nom quà la ville
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de Nismes, ou monsieur de Joyeuse mesme ne l’a voullu passer
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à cause du peu dobeissance que jentens que rend ce peuple là aux
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edictz de sa majesté et quil eut doubte que là il n’eust receu quelque
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indignité, dont sa majesté eu peu estre desplaisant. Or, monsieur,
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voyla sommairement tout le discours de notre petit voyage. Je
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l’accompagnay [barré : iusq] avec monsieur le cardinal d’Armaignac iusques
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à Beaucayre. Maintenant je suis de retour en ce lyeu, Dieu mercy,
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avec la mesme bonne volunté que jay tousiours eue de vous faire
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très humble service. Jay entendu, monsieur, que vous estes
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[f°38] en volunté de venir ung de ces jours à Rousset pour faire baptiser
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ung des enfans de monsieur de Rousset. Je cuide bien, monsieur
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puisque vous serez si près d’Ambrun, que si aumoins vous ne prenez la
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paine de venir iusque là pour l’amour de moy, que ce sera pour venir
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gaigner les pardons à Notre Dame ; et parce qu’on ne les peult
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gaigner sans faire penitence, si vous ne la faictes par les
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chemins, vous la ferez sur le lyeu en une maison qui est
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votre et là où vous avez toutte puissance et sur tout ce qui
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en deppend. Je vous supplie, monsieur, de me tenir tousiours
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en votre bonne grace, à laquelle je me recommande très humblement
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et prie Notre Seigneur quil vous veult donner
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monsieur, en très bonne santé longue et très heureuse vie. D’Ambrun, le
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XXVIIIe d’aoust 1571
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Votre très humble allié et serviteur
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G. davanson A.dambrun.